L’Est de la Montérégie dispose de tous les atouts nécessaires pour devenir un leader québécois de l’économie circulaire et du réemploi. Partout au Québec, des entreprises d’économie sociale comme Renaissance, Recyclo-Centre ou Groupe Coderr, pour ne nommer que ceux-là, démontrent déjà qu’il est possible de transformer les matières destinées à l’enfouissement en emplois, en activité économique et en bénéfices concrets pour les communautés.
Dans notre région, les MRC et les municipalités peuvent jouer un rôle déterminant en faisant du réemploi une priorité dans leurs politiques de gestion des matières résiduelles. Avec l’appui du gouvernement du Québec, elles pourraient soutenir le développement d’entreprises d’économie sociale capables de transformer ce qui est aujourd’hui considéré comme un déchet en une véritable ressource collective.
- Parmi les pistes porteuses, les écocentres régionaux pourraient évoluer vers de véritables pôles d’économie circulaire où la récupération, la réparation, la remise à neuf et la redistribution des biens compléteraient les activités traditionnelles de recyclage. Ces infrastructures deviendraient ainsi des lieux stratégiques de création d’emplois, d’innovation et de développement local.
- La valorisation des textiles représente également une occasion importante pour la région. Chaque année, des tonnes de vêtements et de textiles encore utilisables sont enfouies alors qu’ils pourraient être réemployés, transformés ou recyclés. Les friperies, ressourceries et entreprises d’économie sociale jouent un rôle essentiel dans cette filière, notamment en favorisant le réemploi, l’insertion socioprofessionnelle et l’accès à des biens abordables. Toutefois, l’ampleur des volumes à traiter exige des investissements supplémentaires pour soutenir le tri, la récupération et les innovations telles que le défibrage textile.
- La région gagnerait également à mettre en place une stratégie concertée de récupération et de réemploi des matériaux issus de la construction, de la rénovation et de la démolition. Ces matières représentent un important potentiel de valorisation et pourraient contribuer à réduire l’enfouissement tout en offrant des matériaux accessibles aux citoyens, aux organismes et aux entreprises.
En considérant les matières résiduelles comme une ressource plutôt que comme un déchet, l’Est de la Montérégie peut créer des emplois durables, renforcer son tissu d’entreprises d’économie sociale et accroître sa résilience économique et environnementale.
Un appel au prochain gouvernement du Québec
Pour concrétiser cette vision dans le cadre de la campagne électorale actuelle, le gouvernement du Québec est invité à renforcer son soutien aux entreprises d’économie sociale actives dans le réemploi, les ressourceries, les friperies, la valorisation textile et l’économie circulaire. Des programmes adaptés à ces secteurs permettraient non seulement d’atteindre les objectifs environnementaux du Québec, mais également de générer des retombées économiques durables dans les régions.
L’Est de la Montérégie a tout ce qu’il faut pour devenir une référence québécoise en économie circulaire. Il est temps de reconnaître pleinement la valeur économique, sociale et environnementale de nos matières résiduelles.