Le 30 avril dernier, à l’invitation du Comité 21, nous avons participé au panel de discussion sur l’économie circulaire dans la MRC de Pierre‑De Saurel, un rendez-vous dans le cadre enchanteur du Centre des arts contemporains de Sorel-Tracy. La discussion s’est tenue en compagnie d’élus locaux et de partenaires engagés, notamment la SADC Pierre‑De Saurel, Développement économique Pierre‑De Saurel, le Cttéi et Montérégie Économique.
Nous avons profité de cette belle occasion pour rappeler à quel point l’économie sociale est un moteur essentiel de l’économie circulaire au Québec.
L’économie sociale : pionnière de la circularité au Québec
Quand on parle d’économie circulaire, on pense parfois à des innovations technologiques complexes ou à des stratégies limitées de réduction des déchets dans les grandes entreprises. Pourtant, au Québec, plusieurs des véritables pionnières de la circularité sont… des entreprises d’économie sociale.
Depuis plus de 30 ans, elles prouvent qu’un modèle d’affaires basé sur le réemploi, la réparation, la valorisation des matières et la réduction de l’enfouissement est non seulement possible, mais durable et profondément ancré dans les communautés où elles sont implantées.
Des organisations comme Recyclo‑Centre, Renaissance, Meublétout, Groupe Coderr, Insertech ou la Coop Tricentris ont ouvert la voie dès le début des années 90.
Lors du panel, nous avons rappelé quelques données qui parlent d’elles‑mêmes :
- À Sorel, Recyclo‑Centre traite chaque année plus de 800 tonnes de dons, dont 5 000 électroménagers.
- Les friperies et ressourceries, présentes partout au Québec, jouent un rôle majeur dans la réduction des matières résiduelles.
- On compte aujourd’hui plus d’une centaine d’entreprises d’économie sociale actives directement en économie circulaire.
Ces organisations ne se contentent pas de réduire les déchets : elles créent de l’emploi local, structurent des filières, innovent et développent une expertise unique au Québec.
Des défis bien réels… une mission qui va au‑delà du profit
L’économie circulaire n’est pas toujours simple à mettre en place. Trier, réparer, valoriser, trouver des débouchés, investir dans de nouvelles technologies, composer avec des obstacles réglementaires… tout cela demande du temps, des ressources et beaucoup de créativité.
C’est là que l’économie sociale fait toute la différence :
- elle permet de sortir certaines activités de la logique strictement marchande
- elle valorise les gains sociaux, environnementaux et collectifs
- elle s’appuie sur une gouvernance démocratique et un ancrage local fort
L’économie circulaire n’est pas qu’une stratégie d’affaires, c’est un projet de société qui nécessite des investissements et des stratégies collectives où tout le monde gagne.
Pourquoi miser sur la circularité?
Parce que c’est une occasion concrète de :
- renforcer les collaborations entre acteurs du territoire
- créer des circuits courts de matières
- réduire le gaspillage et la perte de ressources
- augmenter la résilience des collectivités
- stimuler l’innovation locale
En réduisant l’utilisation de ressources primaires et en prolongeant la durée de vie des produits, on bâtit des communautés plus fortes, plus autonomes et mieux préparées pour l’avenir.
Des réseaux comme le Réseau des entreprises d’économie sociale et circulaire du Québec – le RÉESCQ et l’Association des ressourceries du Québec soutiennent d’ailleurs cette transition en consolidant les organisations et en valorisant leur expertise.
Pour aller plus loin
Les outils du TIESS, dont le Guide introductif à l’économie sociale et circulaire, sont d’excellentes ressources pour comprendre comment ces deux approches se renforcent mutuellement.
Une invitation à découvrir l’exposition Tracés de Matière
Pour prolonger la réflexion sur la transformation des matières, le réemploi et notre rapport aux objets, nous vous invitons à visiter l’exposition Tarcés de Matière au Musée d’art contemporain de Sorel‑Tracy.
Cette exposition explore, à travers l’art, les traces que la matière laisse dans nos vies et la manière dont elle peut être réinventée. Une belle façon de connecter la créativité artistique aux enjeux de circularité, de durabilité et de responsabilité collective qui nous animent.